2020 : La Transformation

L’année commence de manière plutôt sympathique : entourée d’amis et de bonne musique émanant de 45 tours placés soigneusement un par un, je regarde le feu d’artifice de minuit avec espoir et gratitude.

En février j’ai la chance d’aller à Venise et de participer au Carnaval pour la première fois, émerveillée par son mystère coloré et élégant. La crise sanitaire semble encore loin de ma réalité. Quelques jours après mon séjour, la dernière semaine du Carnaval est annulée. Les confinements commencent, le feu d’artifice ne fait plus son effet.

Mon habitude de vivre dans les trains et les avions, voire de partager ma vie entre différents lieux, s’envole (si on peut le dire), m’obligeant à choisir, me poser, et me poser des questions. Mon passé, présent, et avenir me parlent des hauts et des bas, et des chemins à entamer pour le temps qui me reste.

Au fil des jours qui défilent, je n’oublie jamais cette immense chance d’être en quelque sorte protégée des souffrances extrêmes dans le monde suite à cette crise sans précédent. Petit à petit je lis, je m’informe, je me rends virtuellement disponible, et j’apprends que l’abondance découle de la générosité.

Heureusement, la crise me permet de réaliser un rêve : ayant été sélectionnée parmi des centaines de candidats, je pars en résidence artistique dans un parc protégé, « The Porkies » sur la péninsule supérieure du Michigan, mon état natal. Quinze jours sans électricité ni eau courant, afin d’écrire, de jouer, de chanter, inspirée par la nature pure. J’apprends à exister seule, en affrontant mes peurs et faiblesses. J’écoute. Je fais mon deuil. Je crie et crée. Je fête. Je partage.

Plus que jamais, je songe à trouver une utilité plus importante dans cette musique qui fait partie de moi. Passionnée des animaux, je cherche un lien entre les deux.

Et là, l’étincelle…

Le 21 juin 2020, jour de la fête de la musique, « Vicki’s Sunday Stream » voit le jour : un mini-concert, solo sur ma Page Facebook, authentique et spontané. Je sème des graines, en toute simplicité, pour celles et ceux qui veulent bien (re)découvrir. J’arrête de courir après la célébrité, la validation des pros du métier, en faisant un effort monumental pour m’équiper, surmonter les obstacles techniques, et changer mes habitudes de scène.

La mèche est allumée…

Et ces moments devant l’écran font renaître l’espoir du feu d’artifice.

Ce rendez-vous hebdomadaire auto-imposé me pousse à construire mon répertoire de la manière la plus épurée et naturelle possible. Du coup je passe mes dimanches avec des fans dans le monde entier, qui sont présents, me font des commentaires, me remercient, me soutiennent. Je jouis d’une liberté artistique absolue. Et grâce aux participations libres, je verse une partie à la SPA, la Humane Society, 20 Millions d’amis… et je sens que c’est la bonne voie.

Merci 2020 pour ces émotions, ces leçons, cette transformation.

Par |2020-12-08T15:14:54+01:00décembre 8th, 2020|Jazz vocal, La vie de tous les jours, Voyages|0 commentaire

COVID et Créations

En jetant un coup d’œil à ce site après une longue absence, je ressens le besoin d’y ajouter quelque chose. Hélas, pas possible d’ajouter des dates en ce moment, car l’activité artistique que je connaissais est suspendue depuis le mois de mars… alors, à l’issu d’une période d’incompréhension, de paralysie et de deuil, aujourd’hui je réagis en ajoutant quelques mots, une tentative de guérir de mon expérience suite à la propagation de la Covid 19* et de trouver mon chemin vers l’avenir.

Voilà comment ça s’est passé : étant une grande voyageuse, le 12 mars je suis sur le point de rester bloquée aux USA, juste avant la fermeture des frontières américaines et le confinement en France. Quelque chose en moi me fait monter dans l’avion NY-Paris malgré les doutes et les liens familiaux de plus en plus fragiles, donc précieux : une envie d’assumer pleinement ma vie européenne, de démontrer mon indépendance une fois de plus, de renforcer les colonnes de l’édifice construit sur une vingtaine d’années, de mon art, mon mode de vie, mes choix…

Quand le confinement arrive, sous le choc, je suis lente à réagir. Ecoeurée par la souffrance, accrochée à mes habitudes malgré une grande spontanéité, je me plonge dans le travail manuel, l’instant, la nature, l’écriture, et j’arrive presque tous les jours à maintenir une routine, un poil de productivité.

En même temps, je prends conscience, d’une manière beaucoup plus profonde, des choses et des personnes qui me sont chères. Je fais de tout pour rester connectée, apprécier et apaiser les êtres autour de moi. Et j’ai envie de diffuser davantage ce qui me vient à l’esprit, à la voix, à la bouche, si cela peut apporter un peu de soutien et de réconfort dans cette période, la plus sombre que j’ai connue.

C’est ça, trouver l’utilité dans tout ce que cette vie nous offre. Il me semble plus important que jamais de réagir, de s’adapter, et de partager. C’est la clé de l’espoir. Allez, hop ! A bientôt pour de nouvelles aventures.

*N.B. : selon l’Académie Française on dit bien « la Covid 19 » puisqu’il s’agit d’une « maladie »…

Par |2020-06-22T10:59:12+01:00juin 22nd, 2020|La vie de tous les jours|0 commentaire

Le Retour du piano

Ma biographie raconte que j’ai commencé à jouer du piano à l’âge de 6 ans…un petit bout de phrase qui n’exprime pas le rôle primordial de cet instrument dans ma vie, depuis toujours…

Toute petite donc, après avoir pianoté avec beaucoup d’enthousiasme devant ma famille, j’ai commencé des cours particuliers de piano, et lors de chaque déménagement familial ce fut une priorité de trouver une nouvelle enseignante. Dans mes souvenirs, les cours de piano se faisaient dans la discipline requise pour aborder les grands compositeurs (Bach, Mozart, Chopin, Rachmaninov…), toujours chez une dame austère, aux cheveux en forme de casque… Bref, elles étaient toutes très compétentes, mais elles manquaient de « peps » à mon goût… Encore aujourd’hui, il m’arrive de qualifier un chemisier ou une robe comme « tenue de prof de piano »… je vous laisse imaginer !

Toujours est-il que ces cours m’ont permis de développer des bases musicales solides et d’obtenir quelques bourses pour financer des stages d’été. Je donnais des récitals, j’accompagnais la chorale à l’école, je commençais à m’accompagner en chantant…

Puis un jour j’ai fait du ski nautique.

Je m’explique :

Atterrie à Miami pour quelques années pendant mon adolescence, un jour j’ai sauté sur une invitation à faire du ski nautique avec des amis, sans penser une seconde au récital auquel je devais participer le lendemain. L’après-midi sur l’eau était drôle et intense, et j’étais bien fatiguée le soir. Mais au récital, en jouant les premières notes d’un prélude de Gershwin, j’ai paniqué : à force d’avoir serré le palonnier pour rester debout d